Le panorama de l’industrie française que propose Patrick Artus confirme ce que nous savons et ne peut qu’inquiéter : une situation affreuse (sic).

[Voir le document : France : à quoi ressemble l’industrie hors aéronautique et espace, hors luxe, hors pharmacie ? Natixis Flash Economie n°1298, 3 novembre 2017]

La bonne santé (durable ?) de quelques industries (aéronautique-espace, le luxe, la pharmacie) ne saurait dissimuler le désastre industriel que notre pays subit en dépit –en partie, à cause ?- des « chocs » d’offre qui ont été administrés depuis plusieurs décennies.

Outre le constat intéressant que produit la note Natixis de l’hétérogénéité de la situation de l’industrie française, la principale source d’inquiétude est le décrochage que subit l’industrie française aussi bien en matière d’emploi qu’en ce qui concerne ses performances extérieures.

Comme on le sait, l’emploi industriel diminue fortement entre 1998 et aujourd’hui (-25%). Le nombre d’entreprises exportatrices stagne. Mais ce qui est le plus frappant est incontestablement la très forte progression des importations. La production française se révèle désormais incapable de répondre à la demande domestique : les importations, depuis 2000, ont augmenté de 40% alors que les exportations ont stagné.

La note de Patrick Artus ne fournit pas d’explication –ce n’était pas son objet- à la très forte dégradation constatée, en particulier à l’incapacité de notre appareil industriel à satisfaire les besoins du marché intérieur. On peut cependant penser que l’intérêt irrésistible des champions nationaux pour les marchés mondiaux constitue une explication partielle à leur désengagement dans l’économie et le tissu industriel français. Cela, comme l’a noté Franck Dedieu dans un commentaire publié dans la rubrique « Lu pour vous » sur notre site : Les travaux d’un doctorant membre de notre Association « En dix ans, 50 des plus importantes sociétés industrielles françaises ont baissé de 160 000 leurs effectifs en France ».

La réponse à l’effondrement de l’industrie française ne peut se limiter à l’introduction magique de robots. Il n’y a pas de solution miracle mais un lent travail de construction d’une industrie largement repensée, répondant aux besoins de nos concitoyens, mettant en valeur leurs savoir-faire, ancrée dans les territoires et respectant bien mieux la nature.

En bref, une industrie au cœur d’un nouveau modèle de développement qui implique également que tous ceux qui travaillent soient associés aux décisions portant sur les conditions et le sens de leur travail.

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