La Fondation « Usine extraordinaire »  a organisé il y a peu un événement au Grand Palais à Paris afin de « révéler au grand public, et en priorité aux scolaires et aux familles, les coulisses de l’usine d’aujourd’hui » pour « faire changer le regard des Français et surtout celui des jeunes générations sur l’industrie ».
L’association du Manifeste pour l’Industrie a tenté à plusieurs reprises de participer à cet évènement en s’adressant à ses promoteurs, sans succès.
Dans un article publié sur le site d’Alternatives Economiques, Edouard Martin et Joël Decaillon relèvent le caractère quelque peu idyllique de la présentation de l’ « usine » faite par les promoteurs de l’évènement
Edouard Martin et Joël Decaillon écrivent qu’ « à l’heure du dieselgate, du glyphosate et de la résurgence de la tuberculose, rien n’indique que les dirigeants de l’industrie automobile, de l’industrie chimique et de l’industrie pharmaceutique soient devenus des pionniers de la prise de conscience écologique, ni qu’ils cesseront de mener des combats d’arrière-garde pour protéger leur rentabilité immédiate ». Lucides, ils ajoutent que «  les entreprises industrielles sont des lieux où se mêlent coopération et conflit, la connexion n’est pas le premier terme qui vient à l’esprit pour désigner la relation entre donneur d’ordre et sous-traitant, et la grande majorité des salariés est actuellement loin de ressentir l’entreprise comme « lieu de la démultiplication » de leur capacité à progresser ».
Nous adhérons pleinement à l’analyse que font les deux anciens syndicalistes lorsqu’ils concluent leur texte en suggérant qu’ « il faut dépasser la classique juxtaposition des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, explorer la voie d’une politique du travail assise sur la notion de valeur d’usage et l’intervention démocratique des travailleurs-citoyens, tourner le dos à des modes de management qui les enferment dans une contradiction entre une certaine autonomie, une forte responsabilité individuelle et la contrainte d’objectifs de rentabilité inaccessibles ».
Oui, l’accouchement d’une nouvelle société à travers la transition écologique, l’élaboration d’un nouveau modèle de développement centré sur un profond renouveau des activités productives seront le fruit d’une élaboration collective dont on ne saurait impunément écarter le monde du travail.

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