Selon une note du ministère de l’Economie et des Finances, la dépense publique française de R&D représente 0.86% du PIB, valeur supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE, mais inférieure à l’objectif du Traité de Lisbonne (1%).

Sa progression en rythme de croissance annuel est comparable à celle des pays développés. En 2015, elle mobilisait près de 112000 chercheurs, soit 3.8 chercheurs pour 1000 actifs. On note des écarts de rémunérations par rapport aux autres pays développés. Ces écarts sont plus marqués pour les salaires d’entrée que pour les salaires des chercheurs situés en haut de l’échelle.
L’organisation du système de recherche en France est très spécifique. Il repose essentiellement sur des organismes publics de recherche, souvent mixtes, parce que composés de personnes relevant de ces organismes et des universités. Le secteur de l’Etat (y inclus le CNRS) représente 53% de la dépense totale des administrations. Voilà qui éloigne du système allemand dans lequel les universités exécutent 55% de la dépense publique de recherche. L’autre particularité du système français est que la recherche fondamentale totalise 58% des dépenses, la recherche appliquée 28% et le développement expérimental un petit 4% (aux Etats-Unis, le développement expérimental représente plus de 25% du total). La majorité du financement provient « d’allocations budgétaires récurrentes » (65.4% en 2015), alors que le financement sur contrat n’occupe que 22.4% du total, ce qui explique en partie la faiblesse de la représentation de la France dans les financements de projets de recherche de l’UE.
Les résultats se situent dans la moyenne des pays développés : 3.3% des publications scientifiques mondiales (7ème rang en 2015) et 3.8% du total des citations mondiales. La co-publication (articles co-signés avec un chercheur étranger) situe la France à la 5ème place. Par discipline, on note une forte spécialisation dans les mathématiques, domaine dans lequel la propension à publier est la plus faible dans tous les autres pays. La part des brevets issus de la recherche publique dans le total des brevets (dépôts à l’INPI) est passée de 7.2% à 12.1% entre 1999 et 2011.
Si on met en rapport les performances appréciées par les publications, les citations et le nombre total de brevets avec les montants de dépenses de recherche engagés, on constate que « la France n’est pas positionnée sur la frontière d’efficience ». Par exemple, des performances légèrement inférieures à celles de la Corée sont obtenues en 2013 en engageant un niveau de dépenses supérieur à 60%. On obtient des résultats comparables en comparaison internationale en normalisant des grandeurs par rapport à la taille des économies. Dans cette démarche, les Etats-Unis ne sont plus positionnés sur la frontière d’efficience, ce qui laisse peut-être présumer l’existence de rendements d’échelle décroissants et la présence d’effets de seuil.
Avec un peu d’optimisme, on pourrait espérer que les éléments qui viennent d’être rappelés pourraient être quelque peu modifiés par les orientations majeures de la politique d’innovation actuelle en faveur des start-ups et des innovations de rupture. Le gouvernement veut à sa manière privilégier la recherche publique en incitant les enseignants-chercheurs du public à établir des liens avec le secteur privé. Ceux-ci pourront dorénavant consacrer 50% de leur temps à la création d’entreprise contre 20% aujourd’hui et conserver 49% du capital s’ils quittent la société qui a été créée. Sans engager donc de moyens supplémentaires pour accroître les rémunérations des enseignants-chercheurs, semblent prises en compte la faiblesse des rémunérations du secteur public et ses conséquences sur les migrations du capital intellectuel vers les pays à hauts salaires, notamment les Etats-Unis. Cette réponse suffira-t-elle et sera-t-elle jugée satisfaisante par les intéressés ?

 

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